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Inutile de blâmer

Un accident grave plonge tout le village dans la tristesse.
La pente était trop raide, le tracteur s’est retourné et son jeune conducteur a été tué. Les habitants du village ne parlent que de ça et mes parents aussi. Ils disent que c’est certainement une punition parce que les paysans ont commencé à travailler le dimanche. Est-ce vraiment pour ça ?
Il n’y a personne à blâmer.
Quand un malheur arrive, c’est bien la faute de quelqu’un ou de quelque chose ?
Tu penses ainsi à cause de ton ignorance et tu perds le pouvoir de comprendre.
Comment je pourrais comprendre pourquoi cet accident a pu arriver ?
En ne mettant aucune valeur dessus.
Mais ce n’est pas bien de travailler le dimanche.
Cet accident lui est arrivé selon son destin, inutile de réfléchir. En cherchant des raisons et en mettant une valeur dessus, la souffrance se prolonge.
Pourquoi ?
La valeur que tu reprends va se fixer dans ta mémoire et tu en souffriras pendant longtemps.
Alors, pourquoi mes parents disent ça ?
Alourdis par la vie et leurs croyances, ils se sentent obligés de justifier ce qui arrive.
Il faudrait qu’ils te parlent. Pourquoi ils ne le font pas ?
Quand ils cherchent une explication, ils remplacent ma conscience par leurs réflexions.
Alors c’est mieux de t’écouter ?
Oui, car je ne suis pas influencé par les mémoires et les croyances. Ainsi, ils n’auraient pas peur de la vie et souffriraient moins, car ils comprendraient que des événements doivent être vécus.
Je ne veux pas que d’autres malheurs arrivent.
Ne cherche pas à vivre comme tu le veux.
Je préfère ce que je veux, la vie fait n’importe quoi.
En voulant vivre comme tu le veux, tu auras peur de la vie.
Pas si j’agis comme il faut.
Rien n’empêchera ce que tu dois vivre d’arriver.
Et si je t’écoute ?
Tu n’auras pas peur de la vie. Tu vivras les événements que tu dois vivre, mais tu les comprendras et en souffriras moins.
Je ne vois vraiment pas comment la croyance que ce n’est pas bien de travailler le dimanche pourrait me faire souffrir pendant longtemps. Peut-être que l’avenir me le dira.


     


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