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Cesse de fabuler

Je rêve de transmuter ma matière première en or.
Le creuset solidement maintenu au bout de ma pince, je verse délicatement le précieux métal fondu dans de petits moules à lingot. Sa pureté sans égale ferait pâlir d’envie le plus grand spécialiste de l’or. En attendant son refroidissement, j’imagine la façon d’écouler en catimini mon trésor d’alchimiste. Le bruit du chauffe-ballon me ramène à la réalité. Je contemple les gouttes d’eau qui s’écoulent une à une de la colonne Vigreux. Impossible de sauter les étapes. Avant l’or, je dois d’abord séparer le subtil de l’épais, doucement et avec grande industrie, selon les recommandations des grands maîtres alchimistes. Je me demande d’où me vient ce besoin bizarre de vouloir transmuter la matière ?
Il fait partie de ta vie spirituelle bien qu’il t’apporte une plus grande sérénité.
C’est vrai !
Un fantasme reste un fantasme, même s’il est sain.
J’espère que mes expériences pratiques auront un effet sur mes corps subtils.
Tu n’es pas obligée de vivre ton fantasme concrètement. Il suffit que tu en vives l’énergie.
Ah bon !
L’énergie de ton fantasme est plus importante que le fantasme lui-même.
C’est plus passionnant de faire des expériences.
Ton fantasme est un indicateur que ta conscience peut être poussée plus loin.
Comment ?
En réalisant que ton fantasme n’est qu’une occasion de canaliser d’autres énergies qui pourront développer ton mental et te rendre plus créative.
Avec l’alchimie, j’ai l’impression de sortir des sentiers battus de la recherche spirituelle et j’aime fabuler sur les pouvoirs qu’elle me fait miroiter.
Qu’elle réponde à ton besoin spirituel est une chose, mais que tu fabules en est une autre.
Je n’ai pas l’intention de la laisser tomber.
Elle est inutile pour l’évolution de ta conscience.
Mon rêve de transmutation n’est pas près de s’éteindre, mais je réfléchis sur une autre utilisation de la pièce de mon laboratoire et sur l’endroit où je vais ranger définitivement tout mon matériel.

Dialogue à lire dans le cahier 4.

     


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